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LES ROUTES DU SEL |
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Le sel fut historiquement
une des grandes richesses de l’île de Ré, sa fonction de conservation des aliments
le rendait indispensable à l’activité économique. Il fut ainsi l’objet d’un commerce
florissant au départ de l’île de Ré, surtout à destination de l’Europe du nord
(Allemagne, Hollande, Danemark, Norvège ...) dont les flottes de pêche faisaient
grande consommation. Les sels rétais alimentaient également le territoire français.
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Ces axes commerciaux
étaient relativement complexes du fait de la fiscalité particulièrement lourde
auquel le sel était soumis, le célèbre système de la gabelle. Ré expédiait son
sel principalement vers les provinces du sud-ouest dites redimées, qui avaient
racheté à la couronne le monopole des taxes et où le prix du sel était moins dissuasif.
Ce véritable 'or blanc'
rétais fournissait également les fermes générales des gabelles par la Loire et
Orléans mais surtout par les ports du nord de la France comme Dieppe, Honfleur
ou Rouen qui desservait notamment Paris... |
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Le
commerce du sel s’effectuait essentiellement par voie maritime. Il était chargé
sur des navires d’assez faible tonage, appelés allèges, qui remontaient les chenaux
des marais jusqu’aux charges, quai sommaires où s’effectuait le transbordement.
Le transport du sel du tasselier (lieu de sockage du sel sur le marais) jusqu’au
navire, était l’occasion d’une intense activité afin d’assurer ce charroi le
temps d’une marée. L’allège
partait ensuite transborder son chargement sur des bateaux de plus fort tonnage
restés au mouillage en rade de Saint Martin ou dans la fosse de Loix.
Lorsque le sel était
destiné aux provinces redimées, les allèges se rendaient directement jusqu’aux
ports fluviaux : Marans, Tonnay-Charente, Libourne ou Bordeaux.
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Les chargements
remontaient ensuite les rivières sur des gabares pour être diffusés par voie
terrestre jusqu’aux lieux de consommation. Le sel de Ré fournissait ainsi les
marchés jusqu’à Bayonne et Clermont Ferrand. A partir de 1898, une voie ferrée
sur l’île de ré est venue complèter le transport maritime. Acheminé jusqu’à la
Rochelle, le sel était ensuite expédié par train vers le reste du territoire.
L’activité du 'tramway salicole' rétais a pris fin en 1935. Cette disparition
fut précipitée par le déclin du commerce des sels rétais au profit de ceux de
l’Est et du Midi produits à grande échelle et à moindre coût.
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